En ce moment au boulot, il y a peu de bruit de couloir ... comme c'est étrange.

Les téléphones sonnent, les claviers crépitent, les photocopieurs chauffent, les imprimantes débitent, les pauses raccourcissent, quelques râles en bruit de fond, quelques soupirs de désarroi s'échappant parfois.
Un seul mot est propagé par l'écho : charrette, charrette, charrette, charrette, charrette ...

On est tous charrettes et moi la première.
Allez, je prends quand même le temps de vous expliquer : "être charrette" vient du temps, où au siècle dernier, à l'École d'architecture de Paris et à l'occasion des affichages de travaux de fin d'année, les anciens demandaient aux bizuts de les accompagner de leur domicile jusqu'à l'École, où leurs travaux étaient jugés. Les bizuts tractaient une vraie charrette et récupéraient de place en place leurs aînés, encombrés de plans et de dessins.
Cette pratique intervenait donc au terme d'un travail intense, dans une ambiance de fébrilité et d'anxiété. D'où l'expression : "être charrette".

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