J’aime les transports en commun depuis toujours. Parfois, un peu malgré moi certes, mais je les aime bien.

Partout où j’ai habité, c'était toujours au centre ville. Au coeur des rues grouillantes de monde, de l'agitation, des boutiques et restaurants, de la vie ... et des trajets ponctués par les stations de métro, les journées rythmées par les horaires de bus.

Les bus, les trains, les métros, les tramways et les cars me sont familiers et sympathiques. Jusqu’il n’y pas longtemps, je prenais même 3 transports en commun différents chaque jour.

Quand vers 17 ans mes copines me vantaient les cours de conduite, les leçons de code et les beaux yeux du moniteur de l’auto-école, je leur répondais que la ligne U des TCRM convenait à tous mes déplacements.

Ensuite puisque pour paraître adultes aux yeux des autres, il fallait savoir prendre des décisions, j’ai alors décidé de m’inscrire à l’auto-école.

Mon apprentissage fut plus que chaotique : du redressement financier en blocage psychologique, de prises de tête en crises de larme, d’examen du code (deux fois obtenu du premier coup) au changement de d’auto-école pour cause de déménagement, de chantage affectif en réussite du permis (au deuxième examen) ...

Et après presque 90 heures de leçons et une fois le papier rose en poche, pas moyen de me faire conduire et surtout aucune envie de ma part. Presque 5 ans sans prendre le volant et un siège passager qui connaît parfaitement mes fesses.

Puis un soir, un grain de sable dans l’engrenage quotidien parfaitement huilé a tout bouleversé. Du jour au lendemain, il a fallu que je retouche le volant, que je passe les vitesses, que je trouve les essuie-glaces ... et que j'embarque Mr Bdou dans la galère.

Cela fait maintenant quasiment trois mois que je conduis au quotidien et j’y prends presque goût. Je ne fais pas de grandes distances mais mon trajet est semé d’embûches urbaines pas mal vicieuses.

Mais aller jusqu'à la grande ville avec son trafic automobile parisianesque et les difficultés de stationnement, ça ressemblait un peu à l'Everest ; et je laissais ça bien volontiers à  Douille et à sa grande grande maîtrise du volant.

Oui mais Douille a passé plus de temps que prévu à s’acharner sur Bestä chez les TsitsiLo et trois (maudits) bus me sont passés devant. Je n’allais quand même pas rester avec Mr Bdou sur le bord du trottoir à regarder passer les autos.

Alors, j’ai pris la mienne (en fait : la sienne). Et j’ai pensé fort à Miss Tea Time, à faire mes contrôles rétro-cligno.
Et hop, que je te prends la voix rapide, et que je te change de file et je me suis garée au parking souterrain, yeepeeeeeeee .....

Ben, je n’ai fait qu’une vingtaine de kilomètres (mwaouis, je sais ...) mais je n’en suis pas peu fière. J’ai quand même mis une belle claque à mes angoisses, et ça c’est pas rien.

Et quand Douille a appelé pour savoir si j'étais bien rentrée, j’ai senti dans sa voix que je venais de marquer des points gagnés à tout jamais ...

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